Hier...

Hier encore. Et quand tout ceci cessera-t-il? Hier encore, j'étais redevenue l'enfant de quatre ans (ou cinq, ou six). Plus de défense, plus rien, juste cette image, cette image de la petite fille que j'étais, qui se demandait ce qui lui arrivait, là, face à cet homme, presque nue. Hier encore, sans rien, vide et incarnée par cette image. Hier encore, en perdant mes moyens, en perdant tout ce que je pensais avoir acquis.
Et puis, il est parti. J'ai pris le bus, je suis allée à mon audition. Et si je tremblais, ça n'étais pas seulement ce stress de déshonorer Chopin, mais aussi ce nouveau choc. Et pourtant, je devrais y être habituée, depuis. Mais non... Et j'ai joué Chopin, et j'ai joué Satie. Et j'avais les larmes aux yeux. Et j'avais les mains tremblantes, qui voguaient à une vitesse vertigineuse sur ce piano à queue. Et j'ai mis toute mon âme abîmée, brisée, dans ce piano, dans ces quelques minutes de voltiges. J'ai joué le nocturne avec toute la douleur que j'ai en moi, qui s'est accrue avec ce nouveau choc. J'ai joué Satie avec toute cette mélancolie qui s'accumule de jour en jour. J'ai tenté de faire taire mon amertume dans le appassionato de Chopin. Et je tremblais, et j'avais mal, physiquement et mentalement. J'avais mal de ce qui venait de se passer. Mais je ne pouvais pas crier, alors, j'ai laissé mes mains parler pour moi. Elles ont hurlé toute la douleur, toute la mélancolie, toute l'amertume, tout le chagrin qu'il y avait en moi, et cette foutue solitude, qui, il faut le dire, m'a aidée à rendre ce nocturne si expressif. On m'a applaudit, j'ai souri, mais mes yeux étaient pleins de larmes. Alors, j'ai respiré un bon coup, j'ai donné de l'air à mes poumons, et je suis allée m'asseoir.

Si les gens savaient ce qu'il venait de se passer auparavant... Mais personne n'a su, parce que mes mains ont parlé, dans ce langage codé que moi seule entend. Aujourd'hui encore, on m'a félicitée. Mais si ils savaient... Si ils savaient pourquoi j'avais mis toute mon âme dans ces deux morceaux... Et ils ne sauront jamais, parce que ce serait pour eux une désillusion. Et la musique se transformerait en pitié. Ils ne sauront jamais parce que je me tairai. Hier, sur ces touches en ivoire, mes mains tremblaient de millions de sentiments douloureux, qui se répandaient jusqu'au bout de mes doigts, pour se déverser sur ce piano. Personne n'a vu ces sentiments, cette douleur, les gens n'ont vu que les tremblements, parce que personne ne cherche à voir plus loin, parce que personne n'entend ces appels au secours...

# Posté le samedi 07 juin 2008 17:56

Modifié le samedi 07 juin 2008 18:19

LE CRASH

LE CRASH
Regarde toi, Gali, regarde toi bien... Tu crois franchement que tu parviendra à vaincre toute cette merde dans laquelle tu es embourbée? Arrête! Arrête de rêver! Oui, je sais, tu as déjà arrêté, mais tu espères, encore et encore, un ultime espoir, trouvé au fin fond de ton désespoir. Mais arrête de croire. Tu vois bien que rien ne s'arrange. Tu vois bien que tu seras toujours cette même salope, tu vois bien que ça ne changera jamais. Tu vois bien que tu replonges, que tu as déjà replongé et qu'il est trop tard pour revenir en arrière. Tu vois bien que tu ne manges plus, que tu comptes tout. Tu vois bien que tu recommences les coupures sur tes cuisses, pour saigner encore un peu plus. Tu vois bien que tu finis la tête dans les chiottes au moindre petit écart, tu vois bien que tu ne tiens plus debout, avec le peu d'heures que tu passes à somnoler. Tu vois bien que tu es à bout. Alors cesse d'y croire encore. Tu dis que tu n'y crois plus, et pourtant, et pourtant, tu espères, tu espères encore, un espoir infime, oui, c'est vrai, mais tu espères encore même si tu sais déjà que ce sera une désillusion de plus.

C'est dans ton désespoir que tu trouves cette poussière d'espoir. Mais ça n'est qu'une poussière, et tu sais parfaitement qu'au moindre petit coup de vent, elle s'envolera. Tu tenteras de la rattrapper, mais elle t'échappera, encore et toujours. Et le plus malheureux, dans tout cela, c'est que tu es consciente que l'espoir n'a plus lieu d'être, mais tu tentes de te raccrocher à la vie, une dernière fois. Chaque fois, c'est une dernière fois. Mais tu sais qu'un jour, il n'y aura plus de dernière fois, parce que cette fois là, ce sera l'ultime dernière fois. Et là, tu pleureras toutes les larmes de ton corps, parce que tu n'auras pas réussi à attrapper cette vie que tu voulais tant croquer. Tu sais que ce passage là est le dernier, oui, tu le sens. Tu sais que c'est fini, que tu cours à ta perte, mais tu espères encore. Arrête, tu tomberas plus lourdement encore, et tu auras plus mal encore.

Voilà, tu es là, tu pleurs devant ton écran et tu te sens toute petite chose. Tout petite et chose... Tu pleurs, toute petite chose, parce que tu sais que j'ai raison. Tu sais que c'est fini. Mais tu préfères faire l'autruche, le plus longtemps possible, mais voilà, il y a des instants où tu n'as plus d'autres choix que celui de voir ta douleur, qui se pose là, devant tes yeux. Et là, oui, tu as mal, très mal. Tu voudrais hurler, courir, te déchirer le corps pour ne plus voir toute cette horreur, mais tu ne peux pas. Alors quoi, vas-tu faire l'autruche encore longtemps? Tu n'as plus de forces et tu le sais! Ouvre les yeux. Regarde l'état dans lequel tu es. Tu n'es plus qu'une loque, qu'un bout de tissu informe. Alors arrête de croire qu'un jour, ceci s'améliorera. Un bout de tissu sera toujours un bout de tissu, tu seras toujours cette chose, cet objet, cette poupée gonflable. TU NE CHANGERAS PAS! Je sais que tu as cessé de croire, mais je sais aussi qu'il demeure en toi toujours ce petit bout d'espoir, cette poussière, comme je te disais. Laisse-la s'envoler, elle te fera plus de mal. Et tu t'en rends bien compte ce soir...

# Posté le jeudi 05 juin 2008 18:09

Modifié le jeudi 05 juin 2008 18:29

A quoi bon mettre un titre... Ce serait toujours le même: AÏE...

Longue phase de silence, qui ne cesse de se prolonger... Mes pensées s'emmêlent dans mon esprit, forment des noeuds qui ne se défont plus..Pourquoi tout est si compliqué? Pourquoi"cela" a-t-il des conséquences? IL m'a baisée. Oui, et alors? Pourquoi ai-je si mal? Pourquoi le fait de savoir qu'IL m'a baisée me fait-il si mal? Je ne comprends plus... pourquoi manger est-il si compliqué? Je veux redevenir cette petite fille, je vais retrouver ce corps de petite fille innocente que j'avais auparavant. Je veux me vider. Je veux disparaître.. oui, je veux surtout disparaître, qu'on ne ne voit plus celle que je suis, que je sois transparente. Je veux partir. Partir de ce monde où jamais je ne trouverai ma place puisque je n'en ai pas. IL FAUT que je parte. Courir, courir, pour fuir toute cette merde, pour fuir ce que je suis. Courir et ne plus jamais m'arrêter, pour que plus jamais je ne me ratrappe. Car ici, avec ce corps, avec cet esprit bouillonant de douleur, je ne peux plus... Ne plus manger, c'est un moyen de courir, oui, je crois...

Je repense à cette enfance et j'ai mal, très mal... Oui, comme un poignard qui s'enfonce dans mon coeur, comme des lames qui tailladent ma peau, comme des cigarettes qui me brûlent le bras, comme une honte qui s'insinue en moi, un poison insupportable qui me laisse crever à petit feu. J'ai revêtu le déguisement de l'enfance et du bonheur mais ça n'est qu'un déguisement... Un léger déguisement qui cache un coeur lourd de sanglots refoulés et de plaies béantes, qui hurlent au fond de moi et ne trouvent, comme unique réponse, uniquement des échos, qui font plus mal encore.

Je n'ai plus goût à rien... A cause de TOI? Je ne sais même pas. J'ai tant la sensation que ce malaise provient de cette sale pute que je suis. J'ai tant l'impression de n'être rien, de ne pas avoir su me défendre, j'ai tant le sentiment de t'appartenir. Oui, je crois que c'est aussi cela qui fait terriblement mal: le fait de t'appartenir. Car oui, je suis à TOI, je ne suis qu'un objet, qu'un déchet, qu'une poupée que tu as agité comme tu voulais. Mais je te comprends... je ne vaux tellement rien...

On me parle d'espoir et ça me fait doucement rire (ou plutôt pleurer). L'espoir? Depuis six années, je n'ai pas vu la moindre action qui aurait pu me redonner espoir. Mon corps est foutu, pourri à jamais, et ma mère a beau me dire de ne plus me laisser faire, je ne suivrai pas son conseil... Je suis déjà bien trop sale pour ne pas me salir un peu plus...

# Posté le lundi 02 juin 2008 18:14

Dialogue entre deux moi...

- J'ai mal... Arrête, tu me fais mal!
- Pfff! Pauvre chochotte! Non, tu n'as pas mal, tu fais comme si... Et je continuerai, jusqu'au bout, pour te pourir.
- Je t'en supplie, arrête! Tu ne vois pas que tu me crèves et que c'est de moi dont tu as besoin? Tu veux me tuer, c'est cela même?
- Oui, tu as tout compris!
- Mais pourquoi? Qu'ai-je fait pour que tu m'en veuilles autant?
- Tu as fais ce que tu ne devais pas faire! Tu as déçu tes parents, tu as meurtris ta famille, tu as tué ton corps, tu l'as dénoncé alors qu'IL t'avait demandé de te taire, tu a vendu ton corps, qui était aussi le mien. Tu le paieras.
- Mais je n'ai pas voulu tout cela! Moi, je voulais vivre, je ne demandais qu'à vivre, comme une petite fille, comme une enfant de mon âge. Je ne voulais pas qu'il me fasse mal.
- Peu importe, le résultat est le même. Et ne va pas me dire que tu n'y es pour rien! Tu aurais pu crier, hurler, taper, frapper là où cela faisait mal. Tu aurais pu parler, tu aurais pu dire non, tu aurais pu rester frigide. Non, au lieu de tout cela, tu as vendu ton corps, tu t'es vendu, et tu m'as vendu au passage.
- Je n'y arrivais pas. J'étais bloquée, figée. Je nous avais mises en mode robot et j'étais déjà morte.
- Arrête tes conneries, tu aurais pu faire des tas de choses. Et au lieu de ça, tu l'as laissé faire. TU AS PARTICIPE! De ton plein gré! Et tu as même dépensé cet argent si sale!
- Je ne voulais pas le garder, ce fric pourri! Je ne voulais pas qu'il pourrisse dans ma chambre, ni le donner à un SDF. C'était trop sale comme argent! Je ne pouvais rien faire d'autre!
- Et la jeter par terre, cette pièce, tu ne pouvais pas non plus? Arrête! Arrête de te trouver mille excuses, tu n'en as pas une!
- La jeter par terre? Pour qu'une petite fille tombe dessus et la ramasse, puis la garde pour elle?! C'était trop sale pour que cela traîne dans la main d'un enfant.
- C'était déjà beaucoup moins sale que ce putain de corps! Et pourtant, ce corps, tu acceptes que ta petite cousine de deux ans y pose une main!
- Je l'ai lavé, ce corps, je m'en suis chargée! Je l'ai frotté, avec une pierre ponse, pendant des années et je continue encore, tous les matins. Je n'aime pas qu'elle y pose la main, mais je ne peux pas le lui interdire!
- Et pourtant, tu devrais, pour sa pureté à elle!
- Parce que moi, je ne suis pas pure?
- Non!
- Non, tu as sans doute raison... SES cellules sont incrustées en moi et je sais qu'elles ne disparaîtront jamais. Elles sont fixées là, en moi, pour toujours, à jamais, elles sont dehors aussi, sur cette peau, et c'est d'ailleurs pour cette raison que je la frotte sans discontinuer.
- Oui, tu es pourrie, salie, ou plutôt, sale, parce que tu n'as pas subi, tu as PARTICIPE! Tu es sale et malsaine. Tu es un monstre dégoulinant de son « truc », tu garderas toujours des traces de LUI, de SA langue, de SES mains, de SON truc, de SON corps. Oui, tu es pourrie, jusqu'à la moelle, ma vieille! Alors cesse de pleurnicher!
- Mais pourquoi? Dis-moi pourquoi tu me descends autant? Je sais que je suis sale, que je porte la honte sur moi, sur nous, mais je t'en supplie, pardonne-moi!
- Non, je ne te pardonnerai jamais... Pourquoi? Parce que je te hais, tu me dégoûtes, tu me répugnes, tu es repoussante, TU N'ES PLUS QU'UNE BETE! Un animal! Alors, je te ferai mal, parce que je te hais du plus profond de mon âme. Je te ferai diminuer, toi, ainsi que ton corps, et tu n'existeras plus, je ne veux plus que les gens te voient. Je ne veux plus qu'ils voient l'horreur que tu es. Alors, je te priverai de bouffe, je te couperai, pour tenter de faire sortir un maximum de saleté et pour passer mes nerfs, je t'épuiserai, pour que tu ressentes ce que c'est que d'être un zombie, je te salirai avec des hommes que tu ne désires même pas, pour que tu saches ce que c'est que de subir. Parce que oui, je te hais!
- Pitié, laisse-moi tenter de me purifier un peu.
- Trop tard, tu es déjà bien trop sale.

# Posté le dimanche 11 mai 2008 18:13

moral en dessous de zéro...

Pas le moral... vriament pas le moral... Trois semaines que ça dure et trois semaines que je plonge, en chute libre. J'ai mal! J'ai mal! Je n'en peux plus, vous entendez, je n'en peux plus! Je craque... Douleur lancinante et invivable. oui, invivable, au sens premier du terme! Il faut que ça s'arrête, il faut que ça s'arrête, je ne tiens plus!

# Posté le dimanche 11 mai 2008 12:10